Le cinéma a inspiré The Avengers, et The Avengers a inspiré le cinéma. Nous vous proposons ici une liste de films qui ont soit inspiré certains épisodes, soit simplement été évoqués — preuve que les scénaristes, en particulier à partir du passage au tournage sur pellicule, entretenaient une véritable culture cinématographique.
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Car avant le passage à la pellicule, la période Honor Blackman ne se réfère pas réellement au cinéma. La relation entre télévision et cinéma relève d’une symbiose toujours délicate. En revanche, ce qui frappe, c’est l’influence exercée par la période des studios de Teddington sur la saga James Bond.
Dès 1961, dans Hot Snow, apparaît le premier véritable « vilain » de la série : un homme urbain, raffiné, presque précieux, en totale opposition avec la cruauté qu’il incarne. Son visage reste hors champ ; seules sont montrées sa main, ornée de bagues, caressant un félin domestique. Cette figure préfigure clairement l’archétype d’Ernst Stavro Blofeld dans la série James Bond, personnage qui fait sa première apparition cinématographique dans From Russia with Love (Terence Young, 1963).
Blofeld apparaît à trois reprises dans les romans d’Ian Fleming, changeant d’apparence au fil des épisodes. Ce sont les films qui fixeront durablement son iconographie, même si celle-ci évoluera sensiblement par la suite, notamment dans les derniers James Bond incarnés par Daniel Craig.
Début 1963, Honor Blackman annonce à la production d’ABC qu’elle quitte la production de The Avengers pour rejoindre Goldfinger, le prochain James Bond. Aussitôt, l’équipe saisit l’occasion pour devancer la saga cinématographique sur son propre terrain. Ce sera La Cage dorée, produite en octobre 1963, un épisode centré sur un vaste vol d’or — thème directement issu du roman qui servira de base au futur film produit par Harry Saltzman et Albert R. Broccoli.

Éric & Antoine ont consacré à cette filiation un podcast intitulé The Avengers & 007, enregistré en décembre 2004. Celui-ci démontre de manière convaincante que La Cage dorée a très vraisemblablement inspiré le long métrage. Inutile de paraphraser ces près de quarante minutes de dialogue ; nous ne pouvons que vous encourager à les écouter si ce n’est pas encore fait.
En janvier 1964, l’annonce est officialisée. Le Daily Mail du 9 janvier 1964 publie alors l’article suivant :
Honor Blackman a décroché un contrat de film de 10 000 £ pour devenir la nouvelle petite amie de James Bond. Hier soir, alors qu’elle enfilait ses bottes à talons hauts par-dessus ses collants en cuir noir lors d’une répétition pour la série télévisée The Avengers, elle s’est exclamée : « C’est formidable ! » Elle a ensuite expliqué que le personnage de Gale, qu’elle interprète sur ITV, lui avait donné l’image de femme forte indispensable pour son nouveau rôle. Honor donnera la réplique à Sean Connery dans le thriller d’Ian Fleming Goldfinger. Elle y joue le rôle de Pussy Galore, lieutenant d’un trafiquant d’or international, et pilote son avion. « Elle est méchante, bien sûr, et elle est coriace », a déclaré Honor. « En fait, je vais beaucoup m’inspirer de Cathy Gale. Je suppose que c’est pour cela que j’ai été choisie pour ce rôle. » Finalement, bien entendu, Pussy se laisse séduire par le flamboyant James Bond. Dans le livre, Ian Fleming décrit Pussy ainsi : « Elle avait les seuls yeux violets que Bond ait jamais vus… et ils scrutaient le monde avec franchise sous des sourcils noirs et droits. Ses cheveux étaient coupés de façon désordonnée, à la manière d’un gamin des rues. Sa bouche était une incisive profonde d’un vermillon intense. Bond la trouvait superbe… » Honor s’exclama : « N’est-elle pas magnifique ? »
Don Short, Daily Mirror du 9 janvier 1964, « Cathy décroche le rôle de James Bond Girl » source : Deadline
Fondement
Mais le premier film à influencer la série le fera de manière indirecte, et surtout fondamentale. Ce ne sont ni les réalisateurs ni les scénaristes qui s’en inspirent, mais un acteur : Patrick Macnee.
Son personnage initial — mystérieux, amateur de femmes et de whisky, vêtu d’un pardessus miteux et s’exprimant dans un langage familier — ne satisfait absolument pas Sydney Newman, alors directeur des dramatiques d’ABC. Le message est clair : quelque chose ne fonctionne pas, et l’acteur est invité à repenser seul son personnage. Le coup est rude pour Macnee, mais il va rebondir avec audace.
Il puise alors son inspiration dans le film Q Planes (Armes secrètes), réalisé par Tim Whelan en 1939, avec Laurence Olivier. Patrick Macnee s’inspire plus précisément du personnage excentrique incarné par Ralph Richardson, le major Charles Hammond. Il se procure un chapeau melon et un parapluie — à la stupéfaction générale dans les studios de Teddington, à commencer par son partenaire Ian Hendry.
D’abord perplexe, Sydney Newman finit par accepter cette proposition, pensant qu’elle vaut mieux que rien. On connaît la suite : un véritable coup de génie, et la naissance d’une icône de la télévision britannique.
Notons, pour l’anecdote, que The Avengers utilise un extrait de film pour une séquence de Mort en vol, avec Jon Rollason dans le rôle du docteur Keel, partenaire de Steed. Le crash qui ouvre l’épisode est en réalité tiré du début du film One of Our Aircraft Is Missing (1942), connu en France sous le titre Un de nos avions n’est pas rentré. Réalisé par Michael Powell et sorti en 1942, ce film d’aventure à vocation propagandiste, diffusé durant la Seconde Guerre mondiale, met en lumière le courage des pilotes de la Royal Air Force. Il était donc probablement bien connu des équipes de la série, d’autant que l’extrait utilisé est très bref. Il s’agit par ailleurs de la seule séquence de The Avengers en vidéo qui peut être vu en haute définition. L’utilisation de très courts extraits de films se poursuivra dans la série jusqu’à The New Avengers.
Inventaire
Quelques références ou simplement des clins d’œil au cinéma nous apparaissent aujourd’hui assez évidents. Nous vous en proposons une petite liste, qui reste à compléter.
Saison 1962-1963
Mort en vol : utilisation d’un court extrait du film One of Our Aircraft Is Missing (Michael Powell, 1942)
Saison 1963-1964
Cette grandeur qu’était Rome : allusion au film de Walt Disney Blanche-Neige et les Sept Nains (David Hand, 1937) lorsque John Steed fredonne Someday My Prince Will Come…
Saison 1965-1966
Mort en magasin : Citizen Kane (Orson Welles, 1947) Horatio Kane, vilain de l’épisode et vieillard relégué au rebut de son empire, semble faire écho au film.
Faites de beaux rêves : Goldfinger (Guy Hamilton, 1964) John Steed s’interroge sur ce que Cathy Gale peut bien faire à Fort Knox… – La scène finale confirme clairement la filiation avec le plus célèbre jeu de miroirs du cinéma dans La Dame de Shanghai (Orson Welles, 1947) – une allusion manifeste à Citizen Kane (Orson Welles, 1947), visible à la une du journal. Enfin, notons que cet épisode constitue une variation du film britannique Au cœur de la nuit (Dead of Night), réalisé par Alberto Cavalcanti, Charles Crichton, Basil Dearden et Robert Hamer en 1945, long métrage composé de six récits distincts. Le premier segment retient tout particulièrement notre attention. Un architecte, Walter Craig (interprété par Mervyn Johns), est invité dans un cottage anglais par son propriétaire, Elliot Foley, désireux d’y entreprendre des travaux d’aménagement. À son arrivée, Craig éprouve une étrange sensation : il a l’impression d’avoir déjà vu ces lieux et ces personnes réunies, comme dans un rêve récurrent dont il ne conserve qu’un souvenir diffus. À la stupeur des invités, il évoque certains événements avant même qu’ils ne se produisent dans la maison. Seul un psychiatre présent parmi eux accueille ces propos avec scepticisme. Dans Chapeau melon et bottes de cuir, Mervyn Johns incarne Brandon Storey, établissant ainsi un lien supplémentaire entre l’épisode et ce classique du cinéma fantastique britannique.
Le fantôme du château De’Ath : Il ne s’agit ni d’une simple inspiration ni d’un clin d’œil, mais d’un véritable emprunt. En raison du coût élevé des effets spéciaux, The Avengers réutilise des images issues de films existants : le bassin des sous-marins inondé est extrait de Les Briseurs de barrages (Michael Anderson, 1955), et les plans du sous-marin proviennent de L’Ennemi silencieux (William Fairchild, 1958).
Petit gibier pour gros chasseurs : Une discrète allusion à Tarzan the Ape Man (W. S. Van Dyke, 1932) se glisse dans le dialogue entre les deux agents : « Me Steed. » – « Me Emma. »
Les espions font le service : Le titre anglais de l’épisode, What the Butler Saw, semble s’inspirer du film éponyme de Godfrey Grayson (1950).
L’héritage diabolique : Les images montrant le lion rugir vers la caméra sont tirées de Rencontre au Kenya (Ken Annakin, 1958), film dans lequel apparaît Patrick MacGoohan. Cette séquence est de nouveau utilisée, mais en couleur, dans l’épisode Le Tigre caché (saison 1967).
Saison 1967
Les marchands de peur : La scène où Gordon White se fait massacrer par un volatile n’est pas sans rappeler, dans sa réalisation, le film Les Oiseaux (Alfred Hitchcock, 1963). Ceci n’est peut-être pas un hasard. Plus tard dans la saison, Le Vengeur volant constitue peut-être, à son tour, une variation sur le film d’Hitchcock.
L’oiseau qui en savait trop : L’Homme qui en savait trop (Alfred Hitchcock, 1934 et reprise en 1956) Ici, le clin d’œil réside dans le titre de l’épisode.
Bons baisers de Vénus : Bons Baisers de Russie (Terence Young, 1963) Même chose ici : The Avengers regarde 007, et inversement. Il s’instaure presque un dialogue entre les deux séries.
Le mort vivant : Fahrenheit 451 (François Truffaut, 1966) Quel est le lien entre Fahrenheit 451 et Le Mort-vivant ? Les deux œuvres ont été tournées aux studios de Pinewood, en Angleterre : du 12 janvier au 22 avril 1966 pour le film de François Truffaut, et en décembre 1966 / janvier 1967 pour l’épisode de The Avengers. Il semble également que certains éléments de costumes soient communs aux deux productions…
Caméra meurtre : Noblesse oblige (Robert Hamer, 1949) Avec l’incroyable galerie de personnages interprétés par Peter Wyngarde. Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1950) Film remarquable sur les stars du cinéma muet, progressivement éloignées des plateaux, incarnées par Isa Miranda dans cet épisode. Sans oublier le lion de la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), cet épisode constitue un véritable hommage au cinéma. Le gangster incarné par Stewart Kirby reprend les traits du personnage de Guino Rinaldo, joué par George Raft, jusqu’au geste emblématique du lancer de pièce dans Scarface (Howard Hawks, 1932). Quand Emma Peel se retrouve attachée sur la table de la scie circulaire, le décor évoque immédiatement Le Cabinet du docteur Caligari (Robert Wiene, 1920). On appréciera aussi le pendule semblable à celui que l’on trouve dans le film La Chambre des tortures (Roger Corman, 1962), lui-même inspiré d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe. Cet épisode constitue, à lui seul, le plus bel hommage que Chapeau melon et bottes de cuir ait jamais rendu au cinéma. Voir notre chronique sur Camera Meurtre pour plus de détails.
Le Joker : Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) Indéniablement, les scènes de déshabillage et d’observation du Joker constituent un clin d’œil très appuyé à Psychose (Psycho) d’Alfred Hitchcock. Diana Rigg y rejoue la scène en lieu et place de Janet Leigh. L’œil de l’amoureux transi se pose à travers une découpe pratiquée par Norman Bates, alias Anthony Perkins, cet homme frustré par une mère fantôme. Jeux de reflets fascinants. D’autant plus savoureux lorsque l’on se souvient que le Maître du suspense, de son côté, rendait lui-même hommage à Buñuel… Intertextualité, quand tu nous tiens…
Mission très improbable : La filiation avec le film d’horreur L’Homme qui rétrécit (Jack Arnold, 1957) est sans doute fortuite, mais mérite d’être signalée.
Saison 1968-1969
Je vous tuerai à midi : Cet épisode est une parodie assumée du film Le train sifflera trois fois (Fred Zinnemann, 1952)
Le legs : Cet épisode est une parodie assumée du film Le Faucon maltais (John Huston, 1941). Le baron von Orlak se redresse dans son cercueil, raide comme un I, évoquant immédiatement la célèbre scène du réveil de Nosferatu, le comte Orlok, dans le film muet allemand Nosferatu le vampire (F. W. Murnau, 1922). La proximité des noms achève de dissiper toute ambiguïté.
Mademoiselle Pandora : Lorsque Tara s’approche par derrière de la personne âgée assise sur la chaise, puis fait le tour pour découvrir qu’il s’agit en réalité d’un squelette, ce qui provoque un cri chez Tara, la scène est mise en scène de manière similaire à celle de Psychose (Alfred Hitchcock, 1960).
Homicide et vieilles dentelles : Cet épisode est un clin d’œil aux deux vieilles dames nullement effrayées par le crime dans le film Arsenic et Vieilles Dentelles (Frank Capra, 1944)
The New Avengers
Le repaire de l’aigle : Le Pont de la rivière Kwaï (David Lean, 1957) lorsque nos trois héros quittent le monastère avec les prisonniers.
Le baiser de Midas : Le Masque de la mort rouge (Roger Corman, 1964) La scène de la boîte de nuit, en particulier, mérite l’attention. – Purdey et Gambit font référence à Le Trésor de la Sierra Madre (John Huston, 1948) au cours de la course-poursuite.
Le monstre des égouts : Les dents de la mer (Steven Spielberg, 1974) Il y a un jeu de mots entre Jaws (titre original du film) et Gnaws (titre original de l’épisode). Les Dents de la mer, sorti le 20 juin 1975 aux États-Unis (juste avant les bains d’eau de mer…), rencontre un succès fulgurant, inattendu. Lors du tournage de Le Monstre des égouts, il domine le box-office mondial.
Commando très spécial : Les douze salopards (Robert Aldrich, 1967) L’épisode Dirtier by the Dozen, littéralement « Une douzaine encore plus sale », fait directement écho à The Dirty Dozen, titre original du film.
Affiches


















Télévision
Mais Chapeau melon et bottes de cuir ne s’inspire pas seulement du cinéma : la série puise aussi abondamment dans le paysage télévisuel de son époque, oscillant entre influence directe et simple clin d’œil.
Dès le premier exemple, Maille à partir avec les taties (The Girl from Auntie, littéralement « la fille de la tante ») joue ouvertement sur le titre de The Man from U.N.C.L.E. (Des agents très spéciaux), dans un esprit de pastiche pleinement assumé.
On peut ensuite citer L’Homme invisible de H. G. Wells, dont l’ombre plane sur L’Homme transparent (et peut-être aussi dans The Cybernauts, puisque la silhouette du robot téléguidé n’est pas sans rappeler celle de L’Homme invisible, avec son manteau, ses gants, son chapeau et ses lunettes noires.). Il est intéressant de rappeler que Brian Clemens écrivit deux scénarios pour The Invisible Man sous le pseudonyme de Tony O’Grady, afin d’éviter tout conflit contractuel avec les productions des Danzigers, pour lesquelles il était alors engagé.
Le Vengeur volant multiplie pour sa part les allusions à Batman, série produite précisément pour concurrencer The Avengers. Il suffit d’observer la scène finale, avec ses onomatopées visuelles — « Bing », « Bang », « Boom » — utilisées pour neutraliser le monstre aux bottes magnétiques, pour s’en convaincre.
Autre clin d’œil évident : Mission: Impossible (CBS, 1966-1973), évoquée directement dans le titre de l’épisode Mission très improbable.
Le titre original Have Guns – Will Haggle (Un dangereux marché) fait quant à lui directement référence à la série western américaine Have Gun – Will Travel (1957–1963), avec Richard Boone. Diffusée sur CBS pendant six ans, elle compte 225 épisodes de 25 minutes. Jamais doublée ni diffusée en France, elle demeure méconnue du public francophone.
Enfin, dans Étrange hôtel, la filiation est tout aussi claire : l’épisode fonctionne comme une parodie à peine voilée du Prisonnier (ITV , 1967), le chef-d’œuvre télévisionnaire1 de Patrick McGoohan.
Dans l’épisode Le S95, deux clins d’œil à des séries télévisées sont perceptibles : Le Manège enchanté (1964–1995), à travers le réveil en forme de manège possédé par Purdey, et Kojak (1973–1978), cité par un policier londonien.
The Avengers au cinéma
Mais les scénaristes de Chapeau melon aiment tant le cinéma que, dès 1964, l’idée d’une adaptation de la série pour le grand écran s’impose. Les projets se multiplient au fil des années, mais échouent. En 1989, l’un d’eux est même suffisamment avancé pour annoncer Mel Gibson dans le rôle de John Steed. Patrick Macnee l’évoque d’ailleurs dans son autobiographie Blind in One Ear (Mercury House, 1989). Là encore, le projet n’aboutit pas.
Il faudra finalement attendre 1998 pour voir The Avengers porté au cinéma, avec Ralph Fiennes, Uma Thurman et… Sean Connery — qui incarnait James Bond quelques décennies plus tôt. Si le film est généralement considéré comme désastreux par les amateurs de la série, il n’en demeure pas moins le seul projet cinématographique ayant abouti à ce jour.
Nicole Cauvin
Mais nous ne pouvons pas conclure ce billet sans évoquer un épisode en particulier, qui nous a semblé constituer un clin d’œil manifeste — non pas à un film — mais à une actrice iconique du cinéma français. Le trente-sixième épisode, Tueur à gages, est également le premier écrit par Roger Marshall (avec Jeremy Scott).
L’intrigue nous entraîne hors des frontières de la Grande-Bretagne, en France, mais pas n’importe où : sur la Côte d’Azur. Nous sommes en 1962, et John Steed reçoit pour mission d’infiltrer un groupe de criminels. Pour prouver sa loyauté, il doit exécuter une jeune actrice française, audacieuse et libre, à la chevelure blonde, au regard singulier et à la silhouette sensuelle.
Comment ne pas établir le lien avec celle qui, en 1956, provoqua le scandale avec Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim ? Brigitte Bardot, disparue il y a quelques jours, est devenue malgré elle un sex-symbol à la suite de ce film, avant d’acheter La Madrague à Saint-Tropez, transformant ce petit port méditerranéen encore méconnu en une légende internationale qu’elle ne quittera jamais.
Si la filiation entre Nicole Cauvin (interprétée par Edina Ronay) dans Tueur à gages et Brigitte Bardot nous semble assez évidente, elle ne peut être formellement prouvée. On ne saurait toutefois écarter cette hypothèse séduisante.

Jusqu’en haut des cuisses, elle est bottée
Et c’est comme un calice à sa beauté
Elle ne porte rien d’autrequ’un peu
D’essence de Guerlain dans les cheveux
Serge Gainsbourg
Notons l’évocation explicite d’une actrice bien réelle dans l’épisode Les Cybernautes, lorsque Gilbert du ministère arrive chez Steed pour lui donner des renseignements sur le docteur Armstrong, en précisant qu’entre Gina Lollobrigida (1927-2023) et une calculatrice électronique, le choix du docteur se porterait à chaque fois sur l’électronique. « I’m sure his first words were πR². Given a choice between Lollobrigida and his electronic calculator, he’d prefer the equation every time. » Entre l’humain et la machine, faites votre choix. Gina Lollobrigida est une actrice, photographe et sculptrice italienne, qui se fait connaître en France pour avoir joué au cinéma dans Fanfan la Tulipe (1952) aux côtés de Gérard Philipe. Comme Les Avengers l’avaient noté, l’actrice attire le regard des spectateurs. Mais pas celui du docteur Armstrong. Plaignons-le !
Le mot de la fin
Terminons enfin ce billet un peu « catalogue » en reconnaissant l’empreinte persistante que The Avengers a laissée dans la fiction. Citons peut-être l’un des exemples les plus marquants : Kill Bill (Quentin Tarantino, 2003). La tenue jaune, rayée sur toute sa longueur d’un trait noir, portée par Uma Thurman — qui incarne Emma Peel au cinéma — n’est pas sans évoquer, à juste titre, les célèbres emmapeelers.
The Avengers étaient à l’avant-garde, et d’une certaine manière, cet esprit perdure des décennies plus tard. Il n’est donc pas si surprenant que StudioCanal envisage de recréer la série aujourd’hui, même si les rejetons de séries télévisées sont rarement à la hauteur de l’original.
- C’est le livre Le Prisonnier, paru en 1989 et écrit par Alain Carrazé & Hélène Oswald aux éditions du 8e Art (aujourd’hui disparues), qui qualifie la série de chef-d’œuvre télévisionnaire — une formule dont la justesse m’a semblé s’imposer d’elle-même et que je reprends ici. ↩︎
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