Alors que la série classique fête ses 65 ans cette année, The New Avengers célèbre ses 50 ans. Et, par chance, la série longtemps délaissée vient d’être remastérisée par StudioCanal avec un soin tout particulier. Elle est désormais disponible en Blu-ray et en 4K, avec de nombreux bonus. Deux mille coffrets HD et mille coffrets 4K ont été édités pour le moment en France. C’est donc une occasion incroyable pour nous tous de redécouvrir ces épisodes, souvent moins appréciés du public que les originaux, mais qui font intégralement partie de l’aventure de John Steed.

Origine

En 1967, l’ORTF propose quelques épisodes d’Emma Peel en noir et blanc ; l’année suivante, ce sont des épisodes en couleurs de la même période qui sont programmés ; puis, en 1969, Tara King a les honneurs des ondes françaises. Il ne s’agit toutefois, à chaque fois, que de sélections d’épisodes.

D’autres inédits suivent en 1970 et en 1973, mais nombre d’entre eux manquent encore à l’appel. Ils seront diffusés de manière sporadique au cours des années 1980, avant que FR3 n’achève enfin la diffusion de la série dans les années 1990. En 1976, les téléspectateurs français sont donc essentiellement familiers des « classiques », découverts au fil de programmations aléatoires sur l’ORTF.

L’arrivée d’une nouvelle série en 1976 peut sembler étonnante vue de France, alors même que la série originale y demeure omniprésente. Quant aux États‑Unis, ils rediffusent la série à outrance. Côté britannique, en revanche, la situation est tout autre : la série n’y a jamais été rediffusée et relève désormais davantage du souvenir que de l’actualité télévisuelle. La presse française ne manque pourtant pas de signaler ce « retour » tout au long de l’année 1976. Mais comment un tel retour a-t-il été possible ?

C’est dans ce contexte qu’un producteur de publicité, Rudolph Roffi, fait appel à Patrick Macnee et Linda Thorson pour tourner un spot en faveur du champagne Laurent-Perrier. Quoi de plus naturel, puisque le champagne y est consommé avec la même désinvolture que de la limonade dans la série.

Peu importe que les comédiens n’aient pas mis les pieds à Elstree depuis longtemps : on recrée un appartement évoquant le lambris du 3 Stable Mews, on imagine une intrigue sommaire dans laquelle quelques vilains viennent troubler la soirée que John Steed s’apprête à passer avec Tara King, et l’on débouche une bouteille de Laurent-Perrier, dont on prend soin de préciser qu’elle doit être dégustée à sa juste température : fraîche, mais non glacée, entre sept et huit degrés.

Les vilains neutralisés par l’intrépide Tara, nos deux agents peuvent enfin savourer le précieux breuvage. En moins d’une minute, le spectateur se trouve ainsi parfaitement renseigné sur ce produit d’exception, qu’il ne manquera pas d’aller se procurer.

Patrick Macnee, peu à l’aise en français, doit néanmoins tenter de s’exprimer dans la langue de Molière bien que doublé par Jean Berger, sa voix officielle dans Chapeau melon et bottes de cuir. Linda Thorson, en revanche, n’a pas droit à la parole — détail prémonitoire.

La journée de tournage s’achève ; Patrick Macnee se presse, car ce soir-là il joue au théâtre. Le producteur français se montre très surpris d’apprendre que la série est achevée depuis longtemps — depuis mars 1969. C’est alors qu’il demande à Patrick Macnee s’il envisagerait de reprendre son rôle.

De toutes les partenaires féminines des Avengers, Linda avait été la plus populaire en France. Lorsqu’ils apprirent que je me trouvais en Angleterre, les dirigeants de Laurent-Perrier prirent immédiatement des dispositions pour que Linda et moi incarnions à nouveau John Steed et Tara King dans un film publicitaire destiné à promouvoir leur champagne. Le dernier jour de mon séjour à Chichester, je quittai Dove Cottage avant l’aube et pris la route vers Elstree afin de tourner le spot publicitaire, avant de repartir en trombe vers Chichester pour la dernière représentation de la pièce ce soir-là. Le producteur du film publicitaire, un Français nommé Rudolf Roffi, était un homme agréable et convaincant. Il me demanda si je serais intéressé à l’idée de tourner une nouvelle série de The Avengers. Je secouai la tête. La série était devenue une sorte de classique de la télévision. Estimant qu’un remake ne pourrait en aucun cas égaler le niveau de l’original, je n’y accordai plus la moindre attention.

Patrick Macnee, Blind In One Ear, Mercury House, 1989

L’acteur décline poliment, puis oublie rapidement cette conversation. Et pourtant, le producteur revient rapidement vers les producteurs historiques avec un argument de poids en poche : de l’argent, beaucoup d’argent, de quoi amorcer sérieusement le redémarrage de la série. Albert Fennell et Brian Clemens avaient toujours cru au retour de la série. La promesse de voir les retrouver dans l’épisode Bizarre avait été faite dans cette optique. Il y avait alors deux millions de £ sur la table, mais les producteurs auraient eu besoin du double.

En l’espace de trois mois, Brian Clemens et Albert Fennell, les producteurs historiques de la période film de The Avengers, s’associent avec Laurie Johnson, le compositeur de la musique, pour créer The Avengers (Film & TV Enterprises Ltd), qui devient alors la première véritable maison de production télévisuelle indépendante du Royaume‑Uni. Il est alors décidé de produire 26 épisodes de 50 minutes, en association avec IDTV (société créée en 1967, dans laquelle on retrouve Rudolph Roffi, Yvon-Maire Coulais — qui réalisera le double épisode Le Long Sommeil — mais aussi Jean Amadou) et TV Productions (créée en 1975 avec Roffi et Coulais).

Casting

Le contact est alors repris avec Patrick Macnee, qui vit alors à Rancho Mirage (Californie), pour lui proposer de reprendre le rôle. L’acteur exige de lire des scripts avant de s’engager. Il n’en recevra aucun, mais se décide à reprendre du service au bout de deux semaines. Après tout, il est bien l’unique et seul John Steed : le personnage est de son invention, même si, en 1971, Simon Oates lui a emprunté le chapeau melon — avec son aval — pour une pièce annoncée comme devant presque faire entrer le théâtre dans une nouvelle ère… Nous exagérons à peine.

Patrick Macnee résume ainsi la situation dans son livre autobiographique Blind in One Ear (1989).

The Avengers renaissait, soutenue par des capitaux français et rebaptisée The New Avengers. Comme toujours, on m’avait très peu tenu informé, mais j’appris par la suite qu’il avait été envisagé de se débarrasser de Steed. Les Français, toutefois, ne voulaient pas voir Steed remplacé par un homme plus jeune et étaient prêts à rentrer à Paris si l’on ne leur garantissait pas que je resterais dans la série. Après plusieurs réunions, il fut décidé que je serais épaulé par une équipe plus jeune, composée d’un agent masculin et d’un agent féminin.Une nouvelle recherche fut donc lancée, cette fois pour trouver une actrice appelée à succéder à Honor, Diana et Linda. Parmi les milliers de candidates espérant décrocher le rôle de Charley, la nouvelle héroïne, ce fut Joanna Lumley — une blonde à l’ossature délicate, à l’allure de bergère de porcelaine de Dresde — qui fut choisie. Comme les cosmétiques Revlon venaient tout juste de lancer un nouveau parfum baptisé Charley, Joanna suggéra le nom de Purdey, qui se trouvait être aussi celui d’un élégant fusil. Sa proposition fut acceptée. Gareth Hunt fut quant à lui engagé pour incarner Gambit, le pendant masculin de Purdey sur le terrain, et l’héritier évident de Steed.

Patrick Macnee, Blind In One Ear, Mercury House, 1989

L’idée que Patrick Macnee ne fasse pas partie de l’aventure a été rapportée par l’acteur mais si Brian Clemens n’a jamais évoqué cette hypothèse, bien au contraire. En revanche, il savait que John Steed ne pourrait être crédible dans les scènes d’action.

Je ne pouvais pas faire de Pat le centre, car, malgré son côté intellectuel, The Avengers a toujours eu sa part d’action. Pat avait vieilli — sept ans s’étaient écoulés. Quand je l’ai revu après cinq ans, il avait de l’arthrite au genou et boitait… vous le verrez dans certains épisodes. Donc, il fallait introduire quelqu’un de plus jeune pour porter l’action… J’adore Pat. Si cela ne dépendait que de moi, j’aurais appelé la série The Avengers, pas The New Avengers, et j’aurais eu deux nouveaux personnages. Mais Pat était la raison pour laquelle la série se faisait. Il avait tourné une publicité française avec Linda, et quelqu’un a dit “Pourquoi ne pas recommencer ?” J’ai répondu “Je ne travaille pas avec Linda…”

Brian Clemens

Il semble donc établi que les producteurs français souhaitaient financer une série avec Patrick Macnee, et que Brian Clemens, bien qu’il ait été conscient de ses faiblesses physiques, affirme qu’il n’a jamais été question qu’il n’y participe pas. La solution du trio s’est dès lors imposée assez rapidement. Brian Clemens écarte d’emblée Linda Thorson, qu’il n’avait pas pu choisir en 1968 et qui, selon lui, manquait cruellement d’humour. C’est, bien entendu, son point de vue.

Dave Rogers rapporte dans ses ouvrages que des rumeurs évoquant le possible retour d’une ancienne Avengers girl avaient circulé, mais rappelle également que la recherche d’une nouvelle héroïne était envisagée comme une véritable machine promotionnelle à part entière.

Le 8 décembre 1975, le journal Le Sun se fait l’écho de la nouvelle série en préparation. Le ton est donné :

Les bas sexy et les porte-jarretelles remplacent le cuir noir dans la nouvelle version de The Avengers qui arrivera à la télévision l’année suivante. Mais l’identité de celle qui incarnera l’héroïne sexy n’a pas encore été décidée. Patrick MacNee reprend son rôle du super-espion John Steed, élégant, coiffé de son chapeau melon et armé de son parapluie. Le producteur Brian Clemens souhaite qu’« une fille des années soixante-dix » donne la réplique à l’acteur de 53 ans. M. Clemens a déclaré : « Nous conserverons l’image de la fille dure, mais le cuir noir, c’est fini. Nous voulons quelqu’un qui ait fière allure en bas et porte-jarretelles. Il y aura des combats de savate — l’équivalent français du kung-fu — et la nouvelle venue offrira aux téléspectateurs des aperçus aguichants de cuisses nues. »

The Sun, 8 décembre 1975, source : Anew

Ceux qui avaient imaginé le retour d’Emma Peel en auront pour leurs frais. D’emblée, la nouvelle partenaire de Steed a vocation à être avant tout ultra sexy, très loin de la classe de ses prédécesseurs. L’explicite remplace l’implicite. La recherche de la nouvelle partenaire de Steed est elle-même scénarisée par l’équipe de production. Il s’agit d’une manière habile de faire de la publicité autour de la série alors qu’elle n’est même pas encore produite. C’est déjà ce qui avait été fait autour du personnage d’Emma Peel — doublement, puisque Elizabeth Shepherd fut renvoyée et Diana Rigg recrutée. En revanche, ce procédé n’avait pas été utilisé lors de l’introduction de Tara King. À la manière des acteurs appelés à prendre la relève de Sean Connery dans le rôle de 007, l’enjeu est considérable et suscite un réel intérêt du public, générant ainsi une publicité quasiment gratuite pour les films.

Trois cents jeunes femmes semblent avoir été évaluées. Une liste restreinte de vingt noms a été établie et auditionnée le 20 janvier 1976 aux studios de Pineroood1, et certaines ont été testées en couple avec les candidats masculins devant la caméra le 27 janvier2. Mais Joanna Lumley avait déjà été repérée par Brian Clemens quelque temps auparavant dans L’Abominable Docteur Phibes, un film de Robert Fuest, où elle incarnait une infirmière, rôle finalement coupé au montage. Clemens la trouve très plaisante et est très amusé par son humour masculin, une qualité qu’il juge fondamentale pour incarner une Avengers girl selon le producteur. L’objectif était clair : correspondre visuellement à une actrice américaine alors très en vue, Farrah Fawcett, qui s’apprêtait à devenir la star de Drôles de dames dès septembre 1976 sur les ondes américaines. Avant le début du casting, Clemens communique son choix à Albert Fennell. Joanna Lumley, qui avait auparavant été (par chance) refusée pour le rôle de Hannah Wild dans la pièce de théâtre The Avengers qui ne dura que six semaines, remporte le rôle.

Côté masculin, la situation est différente et marque une nouveauté, car cela ne s’était jamais produit auparavant. Ian Hendry venait de la production précédente, et Patrick Macnee avait été recruté par Leonard White par estime pour l’acteur, qu’il avait connu au Canada. Seule l’Avengers girl faisait traditionnellement couler beaucoup d’encre, et il est possible que ce soit encore le cas ici. Une centaine d’hommes ont été évalués, mais, à l’instar des femmes, une première audition3 a lieu le 20 janvier 1975 à Pinewood Studios. Sept jours plus tard, les candidats sélectionnés sont testés face caméra aux côtés d’une partenaire féminine. Par exemple, Diana Quick était face à Oliver Cotton, et c’est un peu par hasard que Joanna Lumley fit équipe avec Gareth Hunt, qui fut finalement choisi par la production. L’homme exerce d’abord différents métiers, puis se passionne pour le théâtre, s’y forme, avant d’intégrer la prestigieuse Royal Shakespeare Company, un cadre idéal pour exercer le métier d’acteur.

Début de la production

Un article de l’hebdomadaire The Stage du 11 décembre 1975 nous en apprend davantage sur les coulisses de la prochaine production.

La preuve que l’époque des grosses dépenses des chaînes ITV est bien révolue vient avec l’annonce qu’une société française, IDTV, dirigée par Rudolph Roffi, met en place un financement de 4 millions de livres4 pour une nouvelle série de The Avengers. Près de sept ans se sont écoulés depuis que Thames a produit le 83ème et dernier épisode de la série5. Patrick Macnee revient des États-Unis pour reprendre le rôle de John Steed dans sa lutte contre le crime. Cette fois, il aura deux assistants, l’un masculin, l’autre féminin, et la recherche d’une actrice pour succéder à Honor Blackman, Diana Rigg et Linda Thorson est déjà en cours. La nouvelle série est prévue pour 30 épisodes, à un coût légèrement supérieur à 125 000 £ par épisode. Une société de production indépendante, Avenger Enterprises6, produira les nouveaux Avengers, avec Albert Fennell comme producteur, Brian Clemens comme scénariste-producteur et Laurie Johnson à la composition musicale. Brian Clemens avait écrit le tout premier scénario des Avengers en 19627. La production devrait débuter à Pinewood vers avril de l’année suivante, en utilisant simultanément quatre plateaux. Brian Clemens a insisté sur le fait que, bien que le financement vienne de France, d’une société qui jusqu’ici s’était spécialisée dans la réalisation de publicités, l’équipe de production britannique conserve un contrôle éditorial complet. « Nous faisons la série pour le public britannique », a-t-il déclaré. « Je suis sûr que le public accueillera favorablement le retour de la série à l’écran. Bien que plus de six ans se soient écoulés depuis la diffusion initiale, il ne se passe pas une semaine sans que la série ne soit diffusée dans l’un ou l’autre des 120 pays qui l’ont achetée pour un total d’environ 17 millions de livres. » « Quant à l’actrice qui jouera l’assistante de Steed, je suis tout à fait honnête en disant que nous chercherons partout celle qui sera parfaitement adaptée. Nous accueillerons les suggestions de quiconque. » L’accord entre IDTV, Avenger Enterprises et EMI donne à Thames une première option pour acheter les droits de la nouvelle série. « Il est pratiquement certain que The Avengers sera de retour sur les écrans d’ITV dès l’automne », affirme Brian Clemens. Pour l’instant, Clemens écrit les deux premiers scénarios. Une fois ceux-ci terminés, d’autres scénaristes seront engagés pour travailler sur la série. Plusieurs réalisateurs sont envisagés, mais il est encore trop tôt pour prendre un engagement définitif.

En janvier 1976, les producteurs rédigent une note définissant un ensemble de règles stylistiques propres à Chapeau melon et bottes de cuir. Parmi ces principes, il est précisé que, si le monde a changé, John Steed, lui, demeure immuable, même s’il est désormais permis d’explorer d’autres dimensions du personnage. Les scènes de combat sont quant à elles différenciées selon chaque protagoniste. Purdey doit être filmée de manière à mettre en valeur sa grâce et sa sensualité. Gambit, de son côté, doit être montré passant d’une grande immobilité à un flou de plans rapprochés, un déchaînement de mouvements rapides, avant de revenir à l’immobilité qui deviendra sa signature avant et après l’action. Steed, bien entendu, continue comme auparavant, recourant le plus souvent à la ruse et à l’usage d’accessoires pour parvenir à ses fins.
On retrouve précisément ces principes dès le premier épisode, Le Repaire de l’Aigle, dans la caractérisation visuelle des trois personnages. Il est également rappelé dans cette note que les rues désertes constituent une marque de fabrique de la série : il n’est pas question, par exemple, de montrer Steed dans les embouteillages londoniens au volant de sa Jaguar. L’accent doit être mis sur l’utilisation maximale de décors naturels et sur le maintien d’un rythme soutenu de l’action.

Brian Clemens, qui avait fait de The Avengers sa chasse gardée, se mit à écrire lui-même des scénarios pour la nouvelle série. Il s’impliqua dans 17 scénarios sur les 26 épisodes que comptait la série au total. Dennis Spooner participa à 9 scénarios, tandis que Terence Feely (2 épisodes) et John Goldsmith (1 épisode) complétèrent à la marge l’équipe d’écriture.

Brian Clemens a sa méthode. Ainsi, The Daily Express du 8 septembre 1976 interroge Brian Clemens, qui écrit les scénarios pour TNA. Il suit deux règles cardinales :

Je ne fais jamais de recherches à l’avance, les faits peuvent gêner le drame. Quand j’invente quelque chose, je vérifie après, et c’est en général correct à 99 %. L’autre règle est : “En cas de doute, rendez-les fous.” Si les personnages sont un peu fous, ils peuvent faire toutes sortes de choses autrement incroyables.

James Murray, The Daily Express du 8 septembre 1976, source : Anew

Écrire est naturel pour Brian Clemens, qui laisse flotter ses idées jusqu’à ce qu’elles mûrissent ; à ce moment-là, il lui devient impossible d’attendre pour écrire son scénario. Toujours selon le producteur, il s’agissait d’un mélange de sophistication, d’humour britannique, de fantaisie assumée et d’une qualité de production constante. Tant que ces éléments étaient respectés, The Avengers ne mourait jamais vraiment. Il y eut une tentation des financiers d’orienter la série vers plus de sexe et de violence. Mais pour Macnee et Clemens, il n’était pas question de perdre l’âme de The Avengers. Et pourtant, la production échappa complètement aux producteurs exécutifs, puisque, après la France, c’est au Canada que la série alla mourir, loin, très loin de l’Angleterre qui l’avait vue naître.

La coupe Purdey

Le 8 mars 1976 se tient, au prestigieux Dorchester Hotel de Londres, une séance de photos promotionnelles, à un mois du début du tournage du premier épisode, Le Repaire de l’Aigle. Joanna Lumley, alors âgée de 29 ans, y apparaît avec une coiffure très différente de celle que l’on connaît, aux côtés de Gareth Hunt, notamment devant une sublime Rolls-Royce blanche. La séance est réalisée par Michael Putland (27 mai 1947 – 18 novembre 2019), photographe emblématique des années 1970, reconnu pour avoir immortalisé de nombreuses vedettes de la musique, du cinéma et de la télévision de cette décennie.

Mais surprise : la séance doit être refaite le 25 mars à Paris en raison d’un changement physique majeur de l’actrice — la naissance de la coupe Purdey. On ignore la raison exacte, mais Joanna Lumley s’est rendue chez John Frieda, célèbre coiffeur britannique et ancien mari de la chanteuse Lulu (qui jouera plus tard son propre rôle avec beaucoup d’humour dans Absolutely Fabulous aux côtés de Jennifer Saunders et Joanna Lumley). Aujourd’hui, John Frieda est à la tête de nombreux salons de coiffure au Royaume-Uni, ainsi que d’une entreprise internationale de produits capillaires qui porte son nom. Il semble que cette nouvelle coiffure ait immédiatement donné à Purdey une allure incomparable. La coupe au bol de la jeune femme fut très populaire en Grande-Bretagne dans les années 1970 et 1980.

Charly

Au départ, Joanna Lumley devait incarner un personnage nommé Charly. Cependant, Revlon, la marque américaine de cosmétiques, lançait bruyamment à la même époque sa gamme de parfums Charlie. Pour éviter toute confusion, Joanna, à l’instar de Linda Thorson, eut le privilège de choisir son propre nom : ce fut Purdey, en référence à James Purdey & Sons, fabricant anglais de fusils de chasse haut de gamme, fondé en 1814, juste avant la bataille de Waterloo. Mais ce nom était surtout inspiré par une top-modèle de l’époque, Sue (ou Suzy) Purdie, que Joanna appréciait particulièrement. Le nom avait une sonorité agréable, sa première syllabe évoquant un doux ronronnement félin — un clin d’œil à la grâce et à la séduction du personnage. Il devait aussi plaire au public américain, susceptible de l’entendre comme purty, forme familière du mot pretty (« jolie »). Source : Joanna Lumley de Tim Ewbank, publié à Londres en 2009 par André Deutsch.

Les personnages

John Steed

John Steed : son personnage a quelque peu évolué. On remarque d’emblée un certain embourgeoisement : il vit désormais en dehors de Londres et emménage, pour la première fois, dans une belle maison située au cœur d’un immense parc. On retrouve à l’intérieur un Chesterfield vert, meuble de caractère s’il en est. Il possède également des chevaux et conserve sa Bentley dans un vaste garage, aux côtés de nouvelles voitures (Jaguar, Rover, Land Rover), plus adaptées à l’époque. Malheureusement, l’adresse fictive de cette maison (ou ferme) demeure inconnue.

Son allure est toujours impeccable : costume, chapeau melon et même parapluie, bien que cet accessoire emblématique soit désormais moins présent. Contrairement aux saisons précédentes, John Steed n’exerce plus de véritable autorité sur sa nouvelle partenaire féminine, Purdey. Au contraire, il se montre très attentif à son égard ; on pourrait même qualifier son attitude de paternaliste.

On se souvient de ses tentatives désespérées envers Cathy Gale, de sa relation privilégiée avec Emma Peel et de sa proximité avec Tara King. Pourtant, la vie amoureuse de John Steed reste particulièrement agitée. On le voit régulièrement en compagnie de jolies femmes, n’hésitant pas à leur offrir des cadeaux prestigieux, comme un cheval pour l’une, ou une soirée en smoking et robe de soirée au restaurant « The Cockpit », à Eton.

Pas si sérieux, John Steed ? C’est possible. L’une des femmes qu’il s’apprête à faire entrer dans son intimité ira jusqu’à le trahir. Purdey le sauvera alors de justesse et lancera cette réplique révélatrice : « Vous ai-je déjà parlé de mon premier mariage ? Mon seul et unique mariage : j’ai épousé un métier. »

En 1976, John Steed a en effet ses entrées partout au ministère. On l’avait déjà pressenti dans l’épisode Ne m’oubliez pas, où il était devenu un véritable cas d’école pour les jeunes recrues. Toutefois, John Steed continue de participer activement à l’action et n’hésite jamais à se mettre en danger.

Purdey

Profession : Ancienne danseuse classique

Expérience : Née en Inde, où son père était brigadier dans l’armée britannique. Elle a bénéficié d’une éducation internationale, comprenant notamment un séjour à la Sorbonne. Elle a vécu avec son père dans de nombreux foyers de tensions à travers le monde, notamment à Chypre et à Aden. Son père fut ensuite détaché auprès des services secrets, avant d’être abattu après avoir été accusé d’espionnage.

Qualifications particulières : Excellente tireuse et conductrice compétente. Elle a appris les arts martiaux chinois lors d’études artistiques à Pékin et maîtrise également un style de combat inspiré de l’art martial français du panache.

Purdey est une jeune femme aussi indépendante qu’attirante. Elle vit dans une maison (ou un appartement ?) probablement située à Londres, dont la décoration intérieure ne laisse aucun doute sur le sexe de l’occupante. Femme sérieuse, elle n’est absolument pas naïve quant aux intentions des hommes qui peuvent l’approcher, mais elle n’est pas insensible aux attentions romantiques de ses prétendants. Dans son passé, elle a vécu une histoire d’amour très importante avec un certain Larry, qui s’est malheureusement terminée de façon tragique (Obsession, dernier épisode tourné en Angleterre). D’un point de vue professionnel, Purdey se distingue par une intrépidité remarquable, une grande précision et une sensibilité bien dosée. Elle admire John Steed pour son expérience et son charme. Son implication dans l’action est totale, et son sens de l’humour l’accompagne presque en toutes circonstances, à quelques exceptions dramatiques près.

Mike Gambit

Profession : Ancien mercenaire / ancien major de l’armée / pilote automobile

Expérience : Il possède une connaissance approfondie de la guerre, acquise en tant que major au sein du régiment des parachutistes, puis comme mercenaire. Il a notamment combattu des crocodiles à mains nues et participé à des courses de Formule 1.

Qualifications particulières : Excellent tireur et bon athlète. Il est également qualifié dans diverses techniques de combat à mains nues.

Contrairement à John Steed, Mike Gambit est totalement ancré dans son époque. Il vit dans un appartement ultramoderne aux couleurs grise, orange et verte. John Steed ne manque d’ailleurs pas de lui faire remarquer à quel point ce type d’environnement ne lui convient pas, rappelant la même gêne ressentie par Steed dans l’appartement de Lord Melford dans l’épisode La Porte de la mort. Mike Gambit est extrêmement dragueur. Il tente sa chance auprès de sa collègue, parfois par jeu plus que par réel désir, mais aussi auprès des jolies jeunes femmes qu’il rencontre et qui tombent facilement sous son charme. Toujours impeccablement habillé, il fait jeu égal avec John Steed sur ce plan, voire le concurrence directement.

Générique

Le générique des Avengers, en particulier ceux de la période filmée, a toujours été réalisé avec un grand soin. On se souvient notamment du plus mythique, avec Diana Rigg débouchant une bouteille de champagne à l’aide de son revolver, ainsi que du duo prenant une pose emblématique en ombre chinoise. Il s’agit sans doute du meilleur générique de la série.

Le lion fut dessiné par Brian Clemens lui-même. Il n’est pas sans rappeler le griffon figurant sur le bouclier porté par Steed dans le générique de la saison 1968-1969 avec Tara King. Puisque la série devait refléter son époque, le recours à l’infographie s’imposa naturellement pour traduire cette modernité. Le producteur réalisa donc lui-même un flip-book du générique, dont les infographistes n’eurent plus qu’à s’inspirer.

Il existe en effet sur le marché des machines spécialisées capables de créer et d’animer des images8. Ces équipements sont extrêmement coûteux et, contrairement à aujourd’hui — où un simple ordinateur domestique permet d’animer une courte séquence en quelques secondes —, le traitement des images demande à l’époque un temps considérable.

Un délai si important que la séquence ne sera pas prête à temps pour les premières projections. Un autre générique voit alors le jour, celui qui est le plus couramment utilisé aujourd’hui, y compris sur les derniers supports commercialisés en novembre 2025. Il s’agit d’une association de séquences issues des trois premiers épisodes — Le Repaire de l’Aigle, Le Baiser de Midas et Le Château de cartes — ainsi que d’un extrait présenté comme provenant du screen test de Gareth Hunt et Joanna Lumley (scène dans laquelle Gambit surgit dans une pièce, arme au poing, tandis qu’une Purdey aux cheveux longs s’écarte de son chemin). Or Brian Clemens a catégoriquement affirmé qu’aucune image de ces essais n’aurait pu être utilisée dans ce générique, la lumière ne correspondant pas.

À mon sens, aucun des deux génériques n’est une véritable réussite. Le premier s’inscrit dans la modernité de l’époque, mais ne me semble pas réellement adapté à l’esprit de la série. Son seul point positif réside dans la mise en valeur du lion sur fond d’Union Jack, décliné en trois couleurs — rouge, blanc et bleu — symbolisant le trio principal. Le générique « patchwork » de scènes d’action paraît davantage approprié, mais le public avait été habitué à plus d’originalité avec The Avengers.

En ce qui concerne le générique de fin, il existe deux versions. La plus connue jusqu’à présent était celle que nous, Français, avions l’habitude de voir : un panneau fixe rouge avec le lion et deux nuances de bleu recréant l’Union Jack, sur lequel défilent des diapositives contenant les crédits. À noter que, sur le générique français, le logo de la chaîne TF1 (héritière de l’ORTF, qui existe depuis 1975) est bien présent, ce qui n’est pas le cas outre-Manche.

Mais la dernière restauration en 4K (ce que l’on avait déjà remarqué avec le coffret Cybernauts édité par Network On Air) révèle une autre version : les crédits défilent sur un panneau fixe vert, où figure simplement l’inscription The New Avengers dans différentes nuances de vert.

Mais revenons au générique d’ouverture. Avant que la décision ne soit prise de le créer par ordinateur, une toute autre approche avait été imaginée. L’ancien logo de la série devait apparaître et occuper progressivement tout l’espace de l’écran sur les premières notes de Laurie Johnson, rappelant les génériques classiques. Puis le titre devait s’incliner pour former un “V” inversé, tandis que le mot new s’ajoutait, comme griffonné à la manière d’un graffiti (quelle horreur !). Le générique imaginé s’ouvrait sur un horizon désert d’où surgissait John Steed, avançant d’un pas vif et ajustant son chapeau melon, avant l’apparition de son crédit. Gambit et Charly entraient ensuite dans le cadre, cette dernière marquant une pause pour ajuster son bas dans un geste à la fois intime et espiègle. Après un échange de regards complices, Charly sifflait pour arrêter Steed, qui se retournait et les attendait, parapluie à l’épaule. Les trois protagonistes, désormais réunis, échangeaient un sourire avant de s’éloigner ensemble, scellant visuellement la naissance d’une nouvelle équipe.

Saison 1976

La première saison est incontestablement la meilleure. Cent pour cent britannique à l’exception de son financement, elle fait la part belle à la mythologie des Avengers. Honor, Diana et Linda y sont évoquées, et un intriguant automate tueur refait surface, au sens propre comme au sens figuré : le Cybernaute, dépoussiéré, renaît, bien qu’ayant légèrement changé d’apparence.

L’ambiance générale est beaucoup plus sombre qu’auparavant. Un peu plus d’une demi-décennie sépare la fin des Avengers classiques de l’arrivée des New Avengers, et pourtant le ton est radicalement différent. La série se projette déjà vers les années 809 : les voitures modernes, sportives et rapides envahissent l’écran, à la manière de Starsky and Hutch outre-Atlantique.

Plus réaliste ? Oui, dans une certaine mesure, car avec Emma Peel et Tara King, l’imagination n’avait pas de limites. Pourtant, la nouvelle série demeure suffisamment fantaisiste pour endormir tout un quartier de Londres, ressusciter les Cybernautes — dont on peut noter que le cauchemar est devenu réalité de nos jours —, tuer quiconque touche un porteur de virus, créer un monstre en faisant grossir un rat, et même… ressusciter Hitler. Le réalisme y est plus que relatif.

Le personnage de Purdey se révélera toutefois différent de celui annoncé par Brian Clemens à la fin décembre 1975, à savoir une héroïne sexy en porte-jarretelles. Joanna Lumley s’y oppose rapidement : comment passer à l’action dans de telles tenues ? Il y avait là une incompatibilité évidente à laquelle le producteur n’avait sans doute pas pleinement réfléchi. Il y aura pourtant des séances de photos promotionnelles assez audacieuses — nous sommes dans les années 1970, certes — mais tout de même. À l’écran, plusieurs tenues resteront également assez osées, d’autant plus visibles aujourd’hui avec les restaurations en 4K. Toutefois, l’actrice se montrera de moins en moins encline à les porter.

Curieusement, The New Avengers n’est pas très bien documentée, contrairement à celle de 1968/1969, pour laquelle on peut consulter les feuilles de service. Le tournage de cette saison débute d’avril à octobre 1976, soit un rythme soutenu d’environ deux épisodes par mois. Il aurait fallu six mois pour monter la série, alors que personne ne l’attendait. Déjà, l’argent français ne semble pas se révéler aussi abondant qu’annoncé.

Je retournai en Angleterre au printemps 1976 pour entamer le tournage de la première saison de The New Avengers. Franchement, les scénarios avaient considérablement réduit mon rôle. J’étais à peu près relégué au placard. Sans le plaisir de travailler avec Joanna et Gareth, et sans mes obligations contractuelles, j’aurais quitté la série. Le Français affable et convaincant, Rudolf Roffi, refit alors surface. Il m’assura qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, que tout s’arrangerait… et l’histoire suivit son cours.

Patrick Macnee, Blind In One Ear, Mercury House, 1989

Et pourtant, l’acteur déclare, dans le supplément du TV Times spécialement édité pour l’occasion, que The New Avengers sont meilleurs que jamais ! Un article du très respectable The Times propose une critique intéressante de la série et de l’époque en général, qui résume assez bien le contraste existant entre les Avengers originaux et les New Avengers.

De tous les endroits, c’est pourtant sur une chaîne commerciale que l’on aurait pu s’attendre à ce qu’on sache combien le mot « nouveau » est aujourd’hui dévalué. Et cela peut bien expliquer la critique sévère que cette série a reçue. Ces Avengers ne sont en réalité pas du tout nouveaux : le style est exactement le même qu’il y a dix ans. Moi, j’aime ça. Je suis heureux que rien n’ait changé. Certes, beaucoup d’autres choses ont changé, à la fois à la télévision et dans la vie qu’elle reflète. Dans la vie, notre rapport aux biens matériels s’est assagi. On grimace désormais si Steed risque d’abîmer son Range Rover ou Gambit sa S-type ; étant donné l’état de British Leyland10, qui sait quand nous reverrons de telles voitures ? En 1963, qui aurait pu le prévoir ? Ainsi, les Avengers ont été laissés derrière : mais parfois, être en retard n’est pas si mal. Leur glamour archi‑typique dégage une nostalgie particulière. L’épisode de la veille11 était un morceau habile de divertissement, parfaitement rythmé et mis en scène, même si son scénario puisait incompréhensiblement beaucoup dans Les Oiseaux d’Hitchcock : le manque d’inventivité dans l’intrigue est sûrement le dernier défaut que l’on peut reprocher aux thrillers anglais, l’imagination étant à peu près la seule composante à ne pas avoir été affectée par l’austérité12. Tout ce qui est nouveau, c’est le trio ; et, typiquement, il n’aurait pas pu y avoir pire innovation. Car soudainement, la tension sexuelle a disparu, laissant un vide, même pas comblé par la spéculation : comme souvent en 1976, plus signifie moins.

The Times, 17 novembre 1976, Alan Coren. source : Anew

Cinquante ans après, cet article du Times met en lumière le changement d’état d’esprit de l’Angleterre entre 1969, date du dernier Avengers classique, et 1976 : l’époque avait profondément changé et, de toute évidence, le pays avait devant lui des années très difficiles.

Saison 1977

En 1977, je retournai en Angleterre pour entamer la deuxième saison de The New Avengers, mais dès le premier jour il apparut clairement que la série traversait de graves difficultés. La première saison s’était, contrairement aux attentes des critiques, plutôt bien maintenue, mais en coulisses personne n’avait été payé depuis environ trois mois. Puis, soudainement, les francs cessèrent d’arriver, sur fond de rumeurs de manœuvres obscures13. Comme si cela ne suffisait pas, les audiences commencèrent alors à baisser. Rien de tout cela ne me surprit. J’avais le sentiment que The New Avengers avait tenté, de manière assez maladroite, d’imiter la série américaine alors très populaire Starsky et Hutch, et qu’elle était devenue, de ce fait, un véritable fourre-tout. Le coup de grâce survint avec la nouvelle de la disparition du charmant monsieur Rudolf Roffi.

Patrick Macnee, Blind In One Ear, Mercury House, 1989

Le TV Times, daté du 1er septembre 1977, annonce le retour de The New Avengers, mettant en avant les sept épisodes tournés à l’étranger. Mais c’est surtout Joanna Lumley qui attire l’attention. Sa coupe Purdey — présentée à l’époque comme « la réponse des grands coiffeurs à la coupe Beatles » — se fait plus ébouriffée, un peu plus sauvage, tout en conservant sa frange caractéristique. Sera-t-elle plus sexy ? Joanna Lumley répond avec malice : « Disons encore plus originale en termes de style et de mode », déclare-t-elle. « Rien de choquant ni d’offensant. Mais je suis sûre qu’on me remarquera. »

En effet, John Frieda va réinventer la coiffure de Purdey tout en en conservant l’essentiel. Cette évolution se fait à la demande de Rodolphe Roffi, qui contacte Brian Clemens entre les deux saisons : satisfait de la première, mais désireux de la faire évoluer.

Les partenaires français demandent alors à la production de rendre Purdey encore plus sexy et de l’habiller avec des vêtements de grands couturiers français, comme Yves Saint Laurent. Une partie de sa garde-robe continuera toutefois de provenir de la boutique Quorum, où l’on trouve les créations de Betty Jackson (OBE), créatrice de mode anglaise.

Mais cette volonté de sexualiser davantage Purdey ne plaît guère à Joanna Lumley. Déjà, lors de la première saison, elle avait freiné les ardeurs des producteurs concernant les porte-jarretelles et n’a aucune envie d’accentuer ce trait.

Une autre requête est formulée par les financiers français : orienter la série vers davantage de violence. Quelle aberration ! Patrick Macnee s’insurgera vivement contre cette idée. Le paradoxe est frappant : la toute première image de John Steed dans The Avengers apparaît dans le générique d’ouverture, où on le voit courir dans le quartier de Soho aux côtés du docteur Keel, une arme à la main. Pourtant, l’acteur va très tôt orienter son personnage vers des combats sans armes à feu, ayant vu mourir nombre de ses camarades pendant la guerre, considérant que cela ne pourrait jamais relever du divertissement.

Une arme à feu, chez Steed, ne peut au mieux servir qu’à dissuader. Mais dans quel épisode le voit-on réellement tirer sur un être humain ? De manière générale, les producteurs ignoreront ces injonctions et resteront fidèles à l’esprit fondamental de la série.

Mais l’argent commence à manquer. « Le chèque est en route ! »… et n’arrivera jamais. Brian Clemens affirmera par la suite que Rodolphe Roffi aurait été arrêté plus tard pour fraude, mais nous n’avons trouvé aucune trace confirmant cette affirmation.

Albert Fennell et Brian Clemens vont alors devoir mettre eux-mêmes la main à la poche afin de payer techniciens et acteurs, au moins pour un épisode. C’est dans ce contexte qu’ils finissent par accepter la délocalisation partielle de la production. Brian Clemens affirme que si les huit derniers épisodes de The New Avengers n’avaient pas été produits en dehors de leur sphère de contrôle, la série aurait pu durer plus longtemps. En effet, les TNA allaient se tourner en France (3 épisodes) et au Canada (4 épisodes). La promesse d’une série 100 % britannique ne put être tenue. Selon Dave Rogers, les partenaires canadiens de la production auraient souhaité produire le double d’épisodes. L’un des scénarios envisagés devait faire voyager Gambit et Purdey dans un tonneau jusqu’aux chutes du Niagara ! Hélas — ou heureusement ? — nous ne verrons jamais cela.

La fin de la série fait étrangement écho à ses débuts. The Avengers a d’abord été créée par Sydney Newman, un Canadien qui traversa l’Atlantique pour dynamiser la télévision anglaise. D’autres personnalités de la série entretenaient également des liens avec le Grand Nord blanc, notamment Leonard White, John Lucarotti et, bien entendu, Patrick Macnee. Il est donc frappant de constater que le dernier coup de manivelle ait été donné dans ce même pays. Par ailleurs, la série débute presque sous la forme d’un trio — le docteur Keel, John Steed et Carol Wilson — et s’achève également avec un trio. Le style de la série évolue également lors de la dernière saison : moins fantaisiste, plus proche de l’esthétique de Starsky and Hutch. Elle rejoint ainsi, d’une certaine manière, l’esprit plus réaliste des débuts : pardessus crasseux, cigarettes, vapeur d’alcool… et de filles. Enfin, on notera que les seuls doubles épisodes de la série se situent à ses extrémités : au début avec Hot Snow et Brought to Book, et à la fin avec Le Long Sommeil, parties 1 et 2 (production française).

Lieu de tournage

La série n’est pas tournée à Elstree, mais aux studios de Pinewood, c’est-à-dire dans les studios emblématiques de James Bond, auxquels la série adresse régulièrement des clins d’œil. À la fin de l’année 1976, L’Espion qui m’aimait, avec Roger Moore et Barbara Bach, y est tourné en même temps que la fin de la saison 1976 des New Avengers.

Les classiques dans la nouvelle série

Les anciennes partenaires de John Steed — Cathy Gale, Emma Peel et Tara King — sont souvent évoquées, notamment dans une scène mémorable de quiproquo au cours de l’épisode Le Château de cartes.

John Steed prépare une collation à une femme qu’il a invitée à monter à cheval. Tous deux se tournent le dos lorsque la femme, apercevant des photographies exposées, demande : « Qui sont-elles ? » Steed répond : « Oh… quelques pouliches que j’affectionne particulièrement. »

Désignant Cathy Gale, la femme déclare : « Elle est magnifique. » Steed répond : « Oui, très belle. Nous nous sommes trouvés ensemble dans des situations délicates. Fidèle, solide. »

« Et celle-ci ? » demande-t-elle en désignant Emma Peel. Steed répond : « Oh, très spirituelle, très spéciale. Une créature fantastique, bien que, de temps en temps, il m’ait fallu la cravacher. »

« Et cette autre ? » poursuit-elle en désignant Tara King. Steed conclut : « Excellente ! Beaucoup d’allure, mais… elle aimait trop l’avoine. Je l’ai vendue à un prince arabe. Je crois qu’en fin de compte, il l’a fait abattre. » C’est alors que Steed réalise sa bévue : il se retourne vivement et découvre que les autres photographies représentent en réalité de véritables chevaux, disposés dans le renfoncement opposé.

Dans Le Dernier des Cybernautes, Purdey et Gambit évoquent Mrs Peel, rappelant qu’elle avait déjà combattu les robots par le passé.

On retrouve de vieux dossiers concernant Cathy Gale, Emma Peel et Tara King dans les archives du ministère, voir Méfiez-vous des morts.

Le seul acteur à faire un retour bien réel est Ian Hendry, mais hélas absolument pas dans son rôle original, ce qui est regrettable. On le retrouve dans l’épisode Pour attraper un rat, dont l’histoire débute le 19 juillet 1960 (et non le 7 janvier 1960, date de diffusion du premier épisode Hot Snow). Une allusion explicite est toutefois faite à ce retour lorsque John Steed interpelle Gunner (Ian Hendry) par cette réplique :
« I know, I am 17 years late, but welcome back. » Dans cet épisode, il interprète un trapéziste de cirque. Fait intéressant, sa toute première expérience dans le monde du spectacle fut celle de faire-valoir de Coco le Clown14. On se souvient d’ailleurs que Girl on the Trapeze avait été écrit précisément pour cette même raison. Un article du TV Times daté du 25 novembre 1976 relate ce retour. Ian Hendry y déclare : « C’est assez étrange de revenir après seize ans et de revoir le même chapeau melon de Steed », confie Hendry. « J’ai quitté la série au sommet de sa gloire, car j’ai toujours pensé qu’il fallait aller de l’avant. Et, inévitablement, à force d’avancer, on finit par tourner en rond. » Au moment de cette interview, Hendry était en tournée depuis trois mois avec une pièce intitulée Motive (de Larry Cohen), aux côtés d’une autre membre de la distribution originale, Honor Blackman. Fait étonnant, on y apprend également qu’il a refusé d’incarner James Bond au cinéma. (Source : Deadline / theavengers.tv) Il est à noter qu’au moment de l’écriture, personne ne savait que ce serait Ian Hendry qui jouerait ce rôle. Les dialogues furent donc adaptés pour saluer discrètement son retour dans la série dont il avait été la vedette.

Mais une actrice va faire son retour malgré elle : Diana Rigg, qui avait depuis longtemps tourné la page Avengers. Dans un épisode tourné en France, Le Long Sommeil – Le Réveil de l’ours, John Steed passe un étonnant appel téléphonique à Emma Peel, que l’on retrouve telle qu’en 1965 (épisodes Le Vengeur volant et Le Tigre caché). Elle ne livre aucune information capitale pour l’intrigue, mais cette brève apparition nous révèle néanmoins un détail important : elle ne s’appelle plus Madame Peel. On peut donc en conclure qu’elle vit séparée de Peter Peel, son mari, et qu’elle a repris son nom de jeune fille, Emma Knight. La voix française ne nous est pas familière, mais en version originale, c’est apparemment Sue Lloyd qui double Diana Rigg. C’est une séquence totalement ratée. On ne peut tromper le téléspectateur qui garde en mémoire les saisons Emma Peel. Tout sonne faux : le décor figé, une Emma Peel qui n’a pas vieilli, sa voix doublée, jusqu’au prétexte même de cet appel téléphonique. Il aurait sans doute été bien plus intéressant de rappeler Honor Blackman ou Linda Thorson pour leur confier un véritable rôle, plutôt que d’exhumer de vieilles bobines de film.

Il faut noter que Brian Clemens ne voulait plus travailler avec Linda Thorson. Peut-être aurait-il été élégant de l’inviter pour quelques scènes, afin d’honorer l’histoire de la série. D’autant que Linda Thorson a toujours été reconnaissante envers The Avengers : elle avait d’ailleurs accompagné Patrick Macnee lors de la promotion des premiers coffrets VHS en 1993.

recueils annuels

The Avengers avait eu droit à trois recueils annuels : deux avec Diana Rigg et un avec Linda Thorson. À l’époque, il était courant pour les séries anglaises d’éditer un album. The New Avengers a quant à elle publié deux recueils, l’un en 1977 et l’autre en 1978, chez Brown Watson, un éditeur pour enfants.

Ces albums contiennent de petits articles sur les personnages et les acteurs, mais aussi des bandes dessinées relatant les aventures de Steed et de ses compagnons. Dans le premier numéro, on retrouve deux bandes dessinées : Fangs for the Memory et Hypno-Twist, toutes deux dessinées par John Bolton. Dans le second numéro figurent Midas Touch et The Cybernauts, dessinées par Pierre Le Goff.

Ils sont disponibles en format PDF sur le site canadien ANew, un site riche en documents consacrés aux New Avengers, que nous vous recommandons vivement.

Romans & autres curiosoités

Six romans adaptés des épisodes sont sortis au Royaume-Uni (Futura Publications Ltd.) et aux États-Unis (Berkley Book) :

On ne s’arrêtera pas sur la qualité littéraire de ces ouvrages, mais ils sont aujourd’hui davantage recherchés pour la collection.

Il y eut bien d’autres objets dérivés, dont nous n’avons pas envisagé de dresser la liste ici. Notons, entre autres, qu’il y eut les traditionnels modèles réduits des voitures : la Jaguar XJS rouge de Gambit, la TR7 jaune de Purdey, éditée chez Revell, mais aussi la TR7 chez Dinky Toys, avant que cette société ne ferme ses portes en 1979. Citons également la poupée Purdey chez Denys Fisher Toys, ou encore de nombreux puzzles chez Arrow Games Ltd… Il ne faut pas oublier non plus les comics, également tirés de la série, preuve que la machine promotionnelle était très bien maîtrisée.

Vidéo

StudioCanal nous a fait un immense cadeau en restaurant The New Avengers dans un coffret disponible en HD (2 000 exemplaires) et, chose encore plus inattendue, en 4K (1 000 exemplaires), sorti le 26 novembre 2025. Ajoutons qu’il existe bien entendu une édition anglaise de The New Avengers, mais nos amis d’outre-Manche bénéficient d’une offre plus large : une édition DVD (coffret blanc cassé), en plus des éditions HD (orange) et 4K (noir). StudioCanal a également pensé au marché allemand avec des coffrets HD et 4K dédiés. Enfin, l’éditeur australien Imprint annonce pour le 25 mars 2026 la sortie d’un coffret Blu-ray limité à 1 500 exemplaires, proposant un ensemble de bonus sensiblement équivalent à ceux des éditions européennes. Mais des copies de TNA étaient d’ailleurs proposés à la vente bien avant cette date ; c’est ce que nous allons résumer ici pour le marché français.

En janvier 1993, Sony Music Video édite un très beau coffret de quatre VHS contenant chacune trois épisodes, issus des deux saisons. Trois fois quatre égalent douze : le compte n’y est évidemment pas, et c’est bien dommage pour les fans, mais il s’agit là de la première — et dernière — fois que la série sera éditée en France sous cette forme.

La cassette 1 contient Le Repaire de l’aigle, Un chat parmi les pigeons et Visages. La cassette 2 propose Le Château de cartes, Le Monstre des égouts et Les Anges de la mort. La cassette 3 réunit Le Dernier des Cybernautes ?, Le Long sommeil (1ère partie : Le Réveil de l’ours) et Le Long sommeil (2e partie : La Danse de l’ours). La dernière cassette comprend Le Baiser de Midas, Cible et Le S 95.

Ce sont essentiellement des épisodes de la saison 1976 qui ont retenu l’attention de l’éditeur. La série est naturellement proposée en version française, la bande magnétique ne permettant pas encore de basculer entre différentes pistes sonores, comme le rendra possible le DVD par la suite. Ce coffret était vendu 500 francs à l’époque. (Source : The Avengers Declassified.) Ce coffret est sorti quelques mois avant les beaux coffrets bleu, rouge et jaune contenant les « classiques », édités par EMI.

Il faudra attendre pas moins de dix ans pour voir la première édition des Nouveaux Vengeurs en DVD en France. Le 4 octobre 2004, StudioCanal sort deux coffrets vendus séparément : l’un bleu pour la première saison, l’autre rouge pour la seconde. Il s’agit cette fois d’une édition véritablement intégrale, proposant la version française et la version originale, ainsi qu’un ensemble de bonus. Parmi ceux-ci figure un reportage du JT de 13 h d’une durée d’environ deux minutes consacré au tournage de l’épisode Le Long sommeil, avec Patrick Macnee interviewé (bien que ce reportage comporte quelques erreurs factuelles). Les « infomercials » consistent en deux publicités inédites : l’une pour British Airways et le Concorde (muette), l’autre pour Land Rover (avec son). Les essais concernent Gareth Hunt et Joanna Lumley ; ils sont également muets et durent environ une minute trente. Le générique anglais réalisé par ordinateur est, lui aussi, bien présent. Les masters utilisés sont ceux de TF1, offrant une qualité d’image que l’on peut qualifier de correcte sans être remarquable, et qui demeure, au final, assez pauvre au regard du support DVD.

En 2002, StudioCanal a l’idée originale de proposer chaque semaine en kiosque un DVD de la série au prix de 14,99 €, alternant les épisodes avec Emma Peel, Tara King et Cathy Gale, chacun accompagné d’un fascicule. L’opération est renouvelée en 2004, en y intégrant cette fois The New Avengers à partir du 16 septembre 2004, au prix de 12,95 €. La vente des New Avengers s’étend du 3 août 2004 au 18 août 2005.

Le 22 avril 2008 ressort l’intégrale de The New Avengers, cette fois réunie dans un seul coffret violet, sur le modèle des coffrets des « classiques » parus en 2005.

Enfin, le 3 octobre 2017, StudioCanal commercialise une intégrale DVD de la série, sous la forme d’un très beau coffret réunissant l’ensemble des épisodes, de Honor Blackman à Joanna Lumley. Il s’agit ni plus ni moins d’un recyclage des DVD déjà existants, mais l’objet est soigné, plutôt réussi, et toujours disponible aujourd’hui à un prix très compétitif, autour de 40 €.

Diffusion

De l’autre côté de la Manche, la diffusion de The New Avengers fut, selon les producteurs eux-mêmes, particulièrement malmenée. En effet, ITV n’était pas – contrairement à ce que l’on imagine parfois – une chaîne nationale unifiée, mais un réseau de chaînes régionales, partageant parfois leur fréquence avec une autre chaîne selon qu’il s’agissait de la semaine ou du week-end. Les nombreuses consolidations ultérieures ont rendu ce système caduc, et ITV est aujourd’hui une chaîne nationale à part entière, assortie de décrochages régionaux pour l’information.

À l’époque, aucun accord n’avait été trouvé sur un jour de diffusion commun. Alors que le samedi soir était traditionnellement le créneau consacré à The Avengers, The New Avengers fut programmée selon les régions le mardi, le vendredi, voire le dimanche. L’événement que devait constituer le retour de John Steed se trouva ainsi dilué à l’échelle du pays.

Sur Thames Television15 à Londres, la diffusion eut lieu le mardi soir : du 19 octobre 1976 au 19 janvier 1977 pour la saison 1976, puis du 8 septembre au 1er décembre 1977 pour la saison suivante. L’épisode Les gladiateurs, jugé trop violent, fut diffusé à part, le 6 septembre 1978 à 23 h 25, en raison de son contenu violent.

En France, TF1 – encore jeune chaîne publique et coproductrice du programme – débute la diffusion de The New Avengers le mardi 21 décembre 1976 à 20 h 30 avec Le Dernier des Cybernautes ?. Le choix de cet épisode n’est sans doute pas anodin : il s’agit manifestement de marquer les esprits d’un public qui avait déjà découvert les deux premiers volets consacrés aux Cybernautes sur la première chaîne de l’ORTF en 1973.

En revanche, la seconde saison sera diffusée beaucoup plus tard, à l’été 1979, une période nettement moins propice au visionnage télévisuel. Les raisons de ce choix demeurent difficiles à déterminer. TF1 s’est-elle désintéressée du programme ? D’autres difficultés sont-elles intervenues dans l’intervalle ? L’enquête reste ouverte.

Conclusion

Je pourrait conclure par deux visions contradictoires de The New Avengers.

La première consiste à considérer que The New Avengers n’est ni un échec ni une renaissance, mais une œuvre crépusculaire, consciente ou non, qui enregistre l’épuisement d’un imaginaire télévisuel. La série semble sans cesse écartelée entre son glorieux passé et une époque qui ne lui correspond plus. Les Vengeurs, si profondément anglais, partent en France puis traversent l’Atlantique… C’est donc une double translation, à la fois temporelle et géographique, qui achèvera définitivement la série.

La seconde manière d’envisager ce rejeton de The Avengers serait d’y voir, peut-être, le brouillon d’une série résolument britannique et pleinement ancrée dans son époque : The Professionals. Produite par LWT et Mark 1 Productions, la série est créée par Brian Clemens, avec Gordon Jackson (1923-1990, Ian De’Ath dans Le Fantôme du château de D’Ath), Martin Shaw (qui joue le rôle de Larry Lex, le petit ami de Purdey, dans Obsession) et Lewis Collins (Kilner dans ce même épisode, et candidat au rôle de Mike Gambit). Vers la fin de l’épisode, Collins lance à Shaw : « Maybe we should work together again, we’re a good team » (« Peut-être devrions-nous retravailler ensemble, on forme une bonne équipe ! »). Un hasard ? Non, pas vraiment : The Professionals était déjà sur les rails. Diffusée sur ITV du 30 décembre 1977 au 6 février 1983, la série débute avec un coût de 115 000 £ par épisode, qui atteindra environ 150 000 £, soit un budget comparable à celui de The New Avengers (environ 125 000 £ par épisode). Mal connue en France, elle a pourtant bénéficié d’une restauration HD qui permet aujourd’hui de réellement l’apprécier.

Mais ces cinquante ans de The New Avengers sont aussi une véritable fête, grâce à StudioCanal qui a restauré les épisodes en 4K en 2025. Chacun peut désormais apprécier la qualité du tournage, des décors et des costumes. Nous pouvons les voir comme personne ne les avait jamais vus auparavant, et peut-être changer notre regard sur cette série, généralement moins appréciée que les classiques. Merci à Patrick Macnee d’avoir prolongé notre plaisir.

Références

Pour réaliser ce dossier, nous avons consulté un certain nombre de documents, dont nous listons ci-dessous les principaux.

  • Anew : Ce site canadien est entièrement consacré à la série The New Avengers. Régulièrement mis à jour, il constitue une mine d’informations particulièrement intéressante à consulter. En anglais.
  • The Avengers Declassified : le site d’Alan Hayes (Royaume-Uni) a été remis en ligne partiellement à la fin de l’année dernière. Il s’est révélé très utile pour l’élaboration du paragraphe consacré à l’édition vidéo de The New Avengers.
  • The Ultimate Avengers (Dave Rogers, Boxtree Ltd, 30 septembre 1995, 350 pages). Les livres de Dave Rogers constituent une source d’information particulièrement précieuse. On ne le dira jamais assez : cet auteur, qui a consacré une grande partie de sa vie à The Avengers, nous permet aujourd’hui d’en parler avec une telle précision.
  • On a besoin de nous, le podcast français consacré à la série Chapeau melon et bottes de cuir, animé par Éric et Antoine. Deux épisodes, l’un dédié à la création de The New Avengers et l’autre à la sortie des TNA en HD et en 4K, sont particulièrement intéressants à écouter.

  1. Liste des jeunes femmes : Jan Harvey, Carolyn Seymour, Jan Francis, Barbara Kellerman, Prunella Gee, Geraldine Moffatt, Sara Douglas, Trudie van Doorn, Louise Jameson, Joanna Lumley, Lisa Harrow, Cassandra Harris, Diane Weston, Rula Lenska, Diana Quick, Gabrielle Drake, Anu Zelda, parmi d’autres. (Source : Dave Rogers, The Ultimate Avengers, Boxtree Ltd, 1995) ↩︎
  2. Les personnes suivantes ont passé des tests caméra : Ann Zelda, Joanna Lumley, Cassandra Harris, Diana Quick, Gabrielle Drake, Lewis Collins, Gareth Hunt, Harry Meacher. (Source : Dave Rogers, The Ultimate Avengers, Boxtree Ltd, 1995) ↩︎
  3. Liste des jeunes fehommes : David Rintoul, Malcolm Stoddard, John Nettles, Gareth Hunt, Lewis Collins, Harry Meacher, Tommy Boyle, Ian Charleson, Michael Elphick. (Source : Dave Rogers, The Ultimate Avengers, Boxtree Ltd, 1995) ↩︎
  4. Les quatre millions de livres correspondaient à la somme nécessaire pour produire 30 épisodes. Mais on sait que l’argent a très vite fait défaut. ↩︎
  5. Il s’agit uniquement des épisodes filmés en 35 mm. Thames Television est le successeur d’ABC Weekend Television et de Rediffusion London, qui ont fusionné. ↩︎
  6. The Avengers (Film and TV) Enterprises Ltd ↩︎
  7. Hot Snow a été écrit par Brian Clemens et Ray Rigby à la fin de 1960, pour une diffusion le 7 janvier 1961. ↩︎
  8. Le Scanimate est un ordinateur capable de créer un tel générique à l’époque. Il a été inventé dans le Colorado. En France, il sera largement utilisé par TF1, notamment pour l’habillage général de la chaîne entre 1976 et 1985, mais aussi pour des émissions emblématiques telles que Le Cinéma du dimanche soir (1977), Téléfoot (1977), Les Visiteurs du mercredi (générique de 1979) ou encore le générique du Village dans les nuages (1982). ↩︎
  9. C’est Éric, du podcast On a besoin de vous consacré aux New Avengers, qui a fait cette révélation : dans les dossiers de presse de l’époque, la série se projetait déjà au début des années 1980. ↩︎
  10. British Leyland était un conglomérat britannique de fabrication automobile, créé en 1968 sous le nom de British Leyland Motor Corporation Ltd (BLMC). Il connut une histoire mouvementée, qui mena à sa faillite en 1975 et à une nationalisation partielle. Le groupe abritait pourtant des marques rentables telles que Jaguar, Rover et Land Rover, ainsi que la Mini. ↩︎
  11. Un chat parmi les pigeons diffusé sur Thames le 16 novembre 1976 ↩︎
  12. La crise monétaire britannique des années 1970 fut une période de stagflation sévère, marquée par une forte dévaluation de la livre sterling, une inflation atteignant 24‑28 %, de lourds déficits publics et extérieurs, aggravés par les chocs pétroliers, conduisant le Royaume-Uni à demander un prêt d’urgence au FMI en 1976. ↩︎
  13. Brian Clemens a évoqué une réunion à laquelle il n’avait pas été convié, vers la fin de la production, où TF1, Film Finances, E.M.I. et Pinewood, qui avaient participé financièrement, avaient tenu la réunion sans eux… et étaient partis. (source : Stay Tuned, volume 1, The Write Stuff) Est-ce à cela que fait allusion Patrick Macnee ? ↩︎
  14. Nicolai Poliakoff ↩︎
  15. ABC Weekend Television, créateur et diffuseur originel de la série, qui émettait dans les Midlands avait alors disparu ↩︎

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *