En France, de nombreux comédiens ont poussé la chansonnette. Bourvil marque les esprits avec Bal perdu. Jean Gabin prête sa voix à Maintenant je sais et chante également Quand on s’promène au bord de l’eau dans La Belle Équipe (Julien Duvivier, 1936). Yves Montand, quant à lui, reste associé à Les Feuilles mortes. Brigitte Bardot, sous l’impulsion de Serge Gainsbourg, nous entraîne dans une virée en Harley Davidson. Jeanne Moreau, enfin, interprète Le Tourbillon de la vie dans le film Jules et Jim de François Truffaut, chanson qui tourne encore dans nos têtes. Plus proche de nous, Alain Delon, fort de son succès au cinéma, ne s’est pas privé de sortir des chansons tout au long de sa carrière, parfois seul ou en duo. Aujourd’hui, de nombreux acteurs chantent pour leur plaisir, soit en sortant des albums comme Sandrine Kiberlain ou Valérie Lemercier, soit en participant à des albums avec des chanteurs confirmés, soit dans le cadre de films.
Si cette proximité entre jeu et chant nous semble aujourd’hui évidente, elle s’inscrit en réalité dans une longue tradition où théâtre et musique se rencontrent. Depuis plusieurs siècles, la scène mêle naturellement parole, jeu et mélodie. Les premiers opéras voient ainsi le jour en Italie à la fin du XVIe siècle, mêlant théâtre et chant. Viennent ensuite l’opéra-comique au XVIIIe siècle en France, puis les parodiques opéras bouffes à Paris, avec leur maître Jacques Offenbach. L’opérette en est une version plus sentimentale des situations. On peut considérer aujourd’hui la comédie musicale comme une évolution de ce genre. Évolution certes, mais l’opéra sera, espérons-le, toujours joué.
Ce petit tour d’horizon pour rappeler que chanter pour un acteur est bien plus naturel qu’il n’y paraît à condition d’avoir les qualité vocales recquises. On peut le faire pour des raisons commerciales ou par réelle besoin d’expression. Nos Avengers girls préférées ne vont pas s’en priver.
Kinky Boots
C’est d’abord ABC Weekend Television qui va mettre Patrick Macnee et Honor Blackman dans les studios d’enregistrement pour les besoins publicitaires de la série The Avengers, que la chaîne doit promouvoir le plus possible : la série doit être populaire pour satisfaire le réseau ITV.
Ce sera Kinky Boots sur la face A et Let’s Keep It Friendly sur la face B du vinyle. Le disque sort le 21 février 1964 chez Decca au Royaume-Uni. Patrick Macnee, dont ce n’était absolument pas la vocation, avait eu beaucoup de difficultés à enregistrer ce disque et a été emmené au pub d’à côté pour l’aider à éclaircir sa voix. Quant à Honor Blackman, elle s’en sort avec les honneurs.
Kinky Boots
Intro
(Boots, boots)
(Boots, boots)
Couplet 1
Everybody’s going for those kinky boots, kinky boots
(Boots, boots) Kinky boots
It’s a manly kind of fashion that you borrowed from the brutes
Borrowed from the brutes
(Boots, boots) Kinky boots
Fashion magazines say wear ’em
And you rush to obey like the women in a harem
Full length, half length
Fully fashion calf length
Brown boots, black boots
Patent leather jackboots
Low boots, high boots
Lovely lanky thigh boots
We all dig those boots
Couplet 2
Everybody’s crazy for those kinky boots, kinky boots
(Boots, boots) Kinky boots
And whether you’re in evening dress or bathing suits
You wear boots, boots, a-kinky boots
(Boots, boots)
(Boots, boots)
Couplet 3
There are twenty million women wearing kinky boots, kinky boots
(Boots, boots) Puss in boots
Footwear manufacturers are gathering the fruits
Gathering the fruits
(Boots, boots) Kinky boots
Advertising men say try ’em
And you all run amok like a flock of sheep to buy ’em
Sweet girls, street girls
Frumpy little beat girls
Square girls, cool girls
Sexy little schoolgirls
Maiden aunties
Mayfair debutantes
They all dig those boots
Final
Everybody’s rushin’ for those Russian boots
Prussian boots
(Boots, boots) Kinky boots
Cover up those slender little tender foots with kinky slinky
Leather is so kinky
Come and get those kinky boots, boots, kinky boots
Kinky Boots – traduction française
Intro
(Bottes, bottes)
(Bottes, bottes)
Couplet 1
Tout le monde se rue sur ces bottes coquines, ces bottes coquines
(Bottes, bottes) Bottes coquines
C’est une mode très virile que vous avez empruntée aux brutes
Empruntée aux brutes
(Bottes, bottes) Bottes coquines
Les magazines de mode disent de les porter
Et vous vous empressez d’obéir comme les femmes d’un harem
Bottes longues, bottes mi-longues
Bottes bien ajustées au mollet
Bottes brunes, bottes noires
Bottes de cuir verni
Bottes basses, bottes hautes
Belles bottes élancées jusqu’à la cuisse
Nous aimons tous ces bottes
Couplet 2
Tout le monde raffole de ces bottes coquines, ces bottes coquines
(Bottes, bottes) Bottes coquines
Et que vous soyez en tenue de soirée ou en maillot de bain
Vous portez des bottes, des bottes, des bottes coquines
(Bottes, bottes)
(Bottes, bottes)
Couplet 3
Il y a vingt millions de femmes qui portent des bottes coquines, des bottes coquines
(Bottes, bottes) Chat botté
Les fabricants de chaussures en récoltent les fruits
En récoltent les fruits
(Bottes, bottes) Bottes coquines
Les publicitaires disent : essayez-les
Et vous courez tous les acheter comme un troupeau de moutons
Gentilles filles, filles de la rue
Petites filles un peu négligées
Filles sages, filles branchées
Petites écolières sexy
Vieilles demoiselles
Débutantes de Mayfair
Elles adorent toutes ces bottes
Final
Tout le monde se précipite sur ces bottes russes
Bottes prussiennes
(Bottes, bottes) Bottes coquines
Cachez donc ces petits pieds fins et délicats avec ces bottes souples et coquines
Le cuir est si coquin
Venez chercher ces bottes coquines, bottes, bottes coquines
Chacun pourra juger de l’audace de la chanson.
Le disque est écrit et composé par Herbert Kretzmer (1928-2020)1, qui transposera les chansons de Charles Aznavour en anglais, et par Dave Lee (1926), pianiste de jazz que l’on retrouve dans certains épisodes de The Avengers dans le Dave Lee Trio, avec Julie Stevens dans le rôle de Venus Smith. La chanson Kinky Boots naquit à l’origine dans un contexte très différent de celui qui la rendra célèbre. Au début des années 1960, à l’époque où l’émission satirique de la BBC That Was the Week That Was rencontrait un immense succès le samedi soir, le producteur Ned Sherrin commanda un court sujet filmé dans King’s Road, alors au cœur de la mode londonienne. Le film, d’environ deux minutes, consistait en un montage d’images montrant des jeunes femmes vêtues de minijupes et de cuissardes — un simple défilé de jambes filmées de la taille aux pieds. Pour accompagner ces images, Herbert Kretzmer composa rapidement une petite chanson destinée à remplacer tout commentaire parlé. Conçue comme un simple accompagnement éphémère, elle semblait vouée à disparaître aussitôt diffusée.
Quelques années plus tard, une chanson fut enregistrée pour les vedettes de la série The Avengers, Patrick Macnee et Honor Blackman, sous le titre Let’s Keep It Friendly. Lorsqu’il fallut trouver une face B pour le disque, le producteur Dave Lee se souvint de la chanson écrite quelques années plus tôt par Herbert Kretzmer. Le titre Kinky Boots fut alors ressorti des archives et confié à Macnee et Blackman. L’association était d’autant plus naturelle que le personnage de Cathy Gale, interprété par Honor Blackman dans la série, était devenu célèbre pour son costume de cuir et ses bottes emblématiques. Ainsi recyclée presque par hasard, la chanson entama une seconde vie inattendue.
Au début des années 1990, un clip compilant des images des saisons Cathy Gale est réalisé et, de manière inattendue, va relancer la chanson, qui sort alors au Royaume-Uni et en Europe en vinyle, compact disc et cassette audio sous le label Deram (avec parfois quelques suppléments, comme un remix ou des titres enregistrés par Honor Blackman pour son album Everything I’ve Got). Le vinyle avait déjà été réédité en 1983 sous le label Cherry Red. C’est Simon Mayo, auteur et DJ de BBC Radio 1, qui eut l’idée saugrenue de relancer le titre dans les années 1990. Il avait évidemment parfaitement conscience de la médiocrité générale de la chanson et de la rigidité vocale de Patrick Macnee, mais l’ensemble lui paraissait suffisamment amusant pour se lancer le défi d’en faire un numéro un. La tentative prit finalement des proportions inattendues : le titre Kinky Boots, interprété par Patrick Macnee et Honor Blackman, atteignit tout de même le Top 10 des classements britanniques en décembre 1990.
Honor Blackman
Honor Blackman, qui a quitté la série pour tourner Goldfinger aux côtés de Sean Connery en 1964, va, dans cette même période, sortir un album complet de chansons intitulé Everything I’ve Got2 (du nom de la première chanson). Elle n’a pas écrit les titres, mais les interprète à sa façon dans ce qui est sans doute le meilleur album des Avengers girls.
A1 : Everything I’ve Got — 3:00 (Rodgers / Hart)
A2 : Darling, Je Vous Aime Beaucoup — 2:30 (Sosenko)
A3 : Men Will Deceive You — 2:28 (Stellman / Gainsbourg)
A4 : I Wish I’d Never Loved You — 3:00 (Raymonde / Hawker)
A5 : Den Of Iniquity — 2:07 (Rodgers / Hart)
A6 : World Without Love — 1:55 (Lennon / McCartney)
B1 : Remind Me — 3:45 (Fields / Kern)
B2 : To Keep My Love Alive — 3:45 (Rodgers / Hart)
B3 : C’est drôle — 2:20 (Gustin / Distel)
B4 : I Wouldn’t Walk Across The Street — 2:05 (Livingston / Gallop)
B5 : Tomorrow Is My Turn — 3:05 (Aznavour / Stellman)
B6 : I Want A Fair And Square Man — 2:42 (Woods)
On remarque évidemment l’adaptation de La Javanaise3 de Serge Gainsbourg, que Jane Birkin interprétera inlassablement toute sa vie, mais aussi World Without Love, écrite à l’âge de seize ans par Paul McCartney, qui ne fut pas jugée assez bonne pour être intégrée à un album des Beatles. Elle fut interprétée par le duo Peter and Gordon et la chanson connut un succès international conséquent.
Charles Aznavour est également présent dans cet album avec une adaptation en anglais de la chanson L’Amour, c’est comme un jour par Marcel Stellman, qui avait produit le disque Kinky Boots.
Enfin — nous y reviendrons à la fin de ce billet — le disque contient une surprise de taille, puisque l’actrice chante en français une chanson écrite par Sacha Distel.
Diana Rigg
Le cas Diana Rigg est plus complexe. Elle se voit toutefois offrir une parenthèse avec un 45 tours de deux titres, sorti en 1972 et édité chez RCA, enregistré aux Austin International Recording Studios, Londres, les 13 et 14 janvier 1972. Les deux titres, Forget Yesterday et Sentimental Journey, ont été réédités en 2002 chez Harkit Records en CD, avec différentes versions. Forget Yesterday était initialement présenté dans la production du National Theatre de la pièce de Tom Stoppard Jumpers, jouée au Old Vic Theatre, Londres, le 2 février 1972. Ceci laisse supposer que Diana Rigg n’avait peut-être pas la volonté de sortir un disque, mais que cette initiative s’est faite à l’occasion de la création de la pièce Jumpers de Tom Stoppard à Londres.
Mais notons que le talent de Diana Rigg s’exerce également dans Evil Under the Sun (Meurtre au soleil), un film britannique réalisé par Guy Hamilton et sorti en 1982, où elle campe Arlena Marshall, un personnage délicieusement hautain. Elle y chante, accompagnée au piano, avant que la situation ne dégénère sur fond de rivalité entre les protagonistes — une scène particulièrement hilarante. La chanson You’re the Top, écrite par Cole Porter en 1934 pour la comédie musicale Anything Goes, y est interprétée partiellement et dans un joyeux désordre par Diana Rigg. C’est bien sûr Peter Ustinov qui incarne Hercule Poirot. On y retrouve également, avec bonheur, Jane Birkin.
You’re the top
You’re the Coliseum
You’re the top
You’re the Louvre Museum
You’re the nimble tread of the feet of Fred Astaire
You’re the National Gallery
You’re Garbo’s salary
You’re Camembert
You’re the Nile
You’re the Tower of Pisa
You’re the smile on the Mona Lisa
I’m a worthless check
A total wreck
A flop
But if, baby, I’m the bottom
You’re the top
You’re the top
You’re a new invention
You’re the top
You’re the fourth dimension
I’m a frightened frog
That can find no log to hop
But if, baby, I’m the bottom
You’re the top!
Linda Thorson
Linda ne va pas non plus laisser passer le filon de la chanson : en pleine gloire avec The Avengers, la jeune femme sort en 1968, chez Ember Records, un 45 tours intitulé Here I Am, proposant deux titres — A : Here I Am, B : Better Than Losing You —, du pur style années 60 dans la veine de Petula Clark ; Linda Thorson est pleinement dans son époque. Le 45 tours a été produit par J. S. Kruger et écrit par Kenny Lynch. Linda Thorson va également enregistrer, la même année, d’autres titres qui ne seront pas édités immédiatement.
Le 45 tours sort dans différents pays, mais la France devra attendre 1971 pour l’écouter. Notez la photo d’illustration de la version française : on y voit Linda portant une sorte de bijou accroché au nez, qui n’est pas du plus bel effet. La boucle de nez est une création de Ghislain Santeuil (mais qui est-ce ?). Par ailleurs, la pochette précise bien que Linda Thorson est la Tara King de Chapeau melon et bottes de cuir. De plus, le titre Here I Am est traduit en français par Me voici.
Mais en 2005, une compilation sort chez Cherry Red Records Ltd., rassemblant ses titres qu’elle partage avec le mannequin Twiggy — vue en séance photo promotionnelle de The Avengers avec Patrick Macnee en 1966. Linda Thorson propose pas moins de sept titres, que l’on peut aujourd’hui écouter sur Deezer et Spotify.
Twiggy
1 : When I Think Of You
2 : Beautiful Dreams
3 : I Need Your Hand In Mine
4 : Over & Over
Linda Thorson
5 : Here I Am
6 : You Will Want Me
7 : Open Up Your Heart
8 : Bad Time To Stop Loving Me
9 : Pick Up My Heart
10 : Better Than Losing You
11 : Wishful Thinking
Conclusion
Pour conclure ce billet, je voulais évoquer ce trésor signé Honor Blackman, qu’elle chante en français. Intitulé C’est drôle, vous noterez certainement sa capacité d’interprétation, voire d’incarnation du personnage dans la langue de Molière. Il s’agit, je crois, de la chanson la plus charmante et la plus touchante de toutes celles interprétées par nos Avengers girls.
La chanson est composée et écrite par Sacha Distel et Gérard Maurice Gustin. Sacha Distel a d’ailleurs interprété cette chanson dans les premiers temps de sa carrière.
C’est drôle
Toi qui n’es passé dans ma vie
Que pendant le temps d’une nuit
Croyant que c’était pour toujours
C’est drôle
Pour moi tu n’étais rien de plus
Rien qu’une aventure de plus
Sans lendemain et sans amour
Jamais je n’aurais pu imaginer
Que près de toi j’avais trouvé
Tout le bonheur que j’ai cherché
Après
C’est drôle
Je te rencontre là ce soir
Je te raconte notre histoire
Pour moi elle est toute ma vie
Mais on dirait que je t’envie
Car pour toi l’histoire est finie
C’est drôle
Naturellement, c’est loin d’être drôle et les hésitations, les tremblements dans la voix d’Honor sont absolument délicieux. Son interprétation est, à mon avis, meilleure que celle de Sacha Distel qui, rappelons-le, était très populaire chez les Anglo-Saxons.
- Par ailleurs, Herbert Kretzmer est également le coauteur, avec Charles Aznavour, de la chanson She (adaptée en français sous le titre Tous les visages de l’amour), tirée de l’album Visages de l’amour, paru en décembre 1974. ↩︎
- L’album met l’accent sur la participation d’Honor Blackman à la saga 007. Une note au dos de la pochette résume le parcours de l’actrice. Nous la reproduisons ici (traduction) : Pendant deux ans, avant qu’elle ne décroche le rôle tant convoité de nouvelle héroïne de James Bond, Pussy Galore, dans Goldfinger, Honor Blackman était la coqueluche de la télévision britannique. Chaque jeudi soir, elle retenait des millions de téléspectateurs masculins britanniques bien au-delà de leur heure habituelle de coucher pour la voir projeter une série de voyous contre les murs dans la série The Avengers. Avec sa combinaison de combat en cuir noir et ses bottes montant jusqu’aux hanches, elle lança également une mode pour les vêtements « kinky » qui domine encore une grande partie de la mode britannique. « J’adorais jouer Cathy Gale, experte en judo, parce que cela me permettait d’échapper aux rôles de femme compréhensive, d’épouse modèle », déclare l’actrice, aux formes généreuses mais à la silhouette élancée. « Mais je suis contente que ce soit terminé. Chaque week-end, je devais regarder mes jambes et compter les bleus chaque fois que je croisais les jambes. » Désormais sous contrat à long terme avec Eon Productions, producteurs des populaires films de Bond, Miss Blackman connaît une véritable renaissance de sa carrière au cinéma, commencée plus de quinze ans auparavant lorsqu’elle avait été engagée comme vedette par la Rank Organisation. Après la première britannique de Goldfinger, distribué par United Artists, on lui a proposé des rôles principaux dans plus d’une douzaine de films internationaux. Aujourd’hui âgée de trente-sept ans — ce qu’elle reconnaît franchement — Honor est considérée comme la grande actrice principale « mûre » du cinéma britannique. Née et éduquée à Londres, elle signa son premier contrat en 1947 et apparut dans des rôles importants dans plusieurs productions de la Rank telles que Fame Is the Spur, Quartet et A Night to Remember. Puis elle disparut des écrans pendant plus de six ans. « Je ne suis pas du tout amère d’avoir dû attendre si longtemps pour réussir au cinéma », affirme la franche Miss Blackman. « C’était simplement une question de temps : il fallait que les films finissent par me rattraper. Franchement, je détestais jouer l’éternelle English Rose, et je crains que, jusqu’à une époque toute récente, nos scénaristes ne connaissaient guère d’autre type de femme. » Dans le rôle de Pussy Galore, la pilote personnelle au caractère bien trempé du millionnaire Auric Goldfinger, elle a rencontré peu des clichés habituels du cinéma britannique. Vêtue de fourrures élégantes et de combinaisons de cuir blanc, avec des chemisiers au décolleté approprié, Honor parvient même à envoyer James Bond au tapis avant de succomber à son charme. Aucune autre actrice dans l’histoire cinématographique du héros créé par Ian Fleming ne peut se vanter d’un tel exploit. « Bien sûr, il n’y a rien de difficile à jouer une fille comme Pussy », dit-elle en riant. « Il n’existe personne comme elle dans la vie réelle ; je n’avais donc qu’à lui donner cette autorité plus grande que nature qui distingue l’agent 007. » De la même manière qu’elle avait étudié consciencieusement le judo pour son rôle de Cathy Gale, Honor commença à prendre des leçons de pilotage à l’aérodrome de Biggin Hill Airport peu après la fin du tournage. « On m’a offert une leçon gratuite à des fins publicitaires pendant la production », explique-t-elle. « Et dès que j’ai eu un peu de temps libre, j’ai décidé que savoir piloter pourrait être utile. Il ne me reste plus maintenant que six leçons avant de pouvoir demander ma licence de pilote. »;Blonde naturelle aux yeux bleus et dotée d’une voix parlée très séduisante, Honor s’est récemment vu proposer d’enregistrer son premier album. Bien qu’elle n’ait jamais reçu de formation de chanteuse, son disque Everything I’ve Got devrait se vendre très largement en Grande-Bretagne comme aux États-Unis. ↩︎
- En réalité, seule la musique a été gardée ; le texte anglais n’a rien à voir avec la chanson originale. ↩︎
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